Présentation du roman

L’univers :

Le Soleil des hommes est un roman de science fantasy se déroulant dans un monde post-apocalyptique privé de soleil. Une guerre millénaire s’y poursuit entre deux blocs divisés géographiquement avec au Nord les Multins, des peuples jugés difformes et barbares, et au Sud les Humains.
Ces derniers sont en fâcheuse posture depuis que la Peste des morts a frappé leur empire, des décennies plus tôt. La progression de ce mal, qui relève les cadavres pour en faire des créatures voraces et contagieuses, les a poussés à se replier de plus en plus vers le nord, déplaçant ou massacrant les clans multins qui y vivaient.
Depuis quelques années, néanmoins, ils se retrouvent bloqués dans leur fuite par des tribus multines unies sous une même bannière. Ils sont forcés à affronter les hordes décharnées en provenance du sud, acculés contre des frontières qui ne reculent plus. Une situation critique qui pourrait bien causer leur perte, surtout après qu’ils aient eux-mêmes mené aux gibets les Antéires, ceux qui avaient jadis garanti leurs victoires sur les Multins.
Surtout après que la mort elle-même ait décidé d’en finir une bonne fois pour toutes avec les vivants.

 
Les intentions :

Dans ce roman, l’accent est plus particulièrement mis sur le rythme, l’action et la psychologie des personnages.

L’évolution de ces deniers, confrontés à des situations extrêmes, est particulièrement développée, tout comme l’univers cru dévoilé sans fioritures. Le caractère volontairement visuel de la narration vise à faire ressortir les ambiances et couleurs d’un monde plongé dans des ténèbres perpétuelles. Il permet aussi de rendre plus cinématographiques les scènes d’action et d’ainsi en soutenir le traitement graphique, sonore et sensitif. L’action est très présente dans le récit de par la situation politique et la situation personnelle des protagonistes au début du roman. Néanmoins, le choix de demeurer au niveau humain malgré la nature globale des événements permet de suivre les personnages dans leurs combats intimes, combats qui restent, en dépit de cette guerre sans commune mesure, le cœur et l’âme du livre.

 
Les thèmes :

Les thèmes abordés sont principalement ceux de la mémoire, du devoir, de la culpabilité, de la vengeance, du choix et de la rédemption. Ils tournent tous autour des axes que sont les trois personnages narrateurs.

Akhyla est une jeune tête brûlée, inexpérimenté bien que déjà meurtri par la vie, projeté dans un combat qui le dépasse et n’est pas le sien. Son sens de la justice exacerbé est contrebalancé par sa rancœur envers la société qui l’a rejeté à cause de ses origines, ainsi que par la souffrance et la honte qui l’accompagnent depuis son plus jeune âge. Il oscille dès lors entre son nihilisme adolescent et son désir de se battre. Il est de plus une page blanche, un adulte en devenir, qui sera amené à se construire par le biais des deux autres focales que son Enki et Aedan. Il sera une source de conflit entre ces deux derniers, conscients de l’atout qu’Akhyla, Antéire aux capacités étranges, peut représenter pour leurs objectifs.

Aedan est un soldat œuvrant pour une organisation secrète dirigée par les représentants d’un peuple ancien en passe de s’éteindre : les Antéires. Usé par une guerre clandestine qui ne porte pas de nom et condamné à traîner dans son sillage une entité muette et passive alors qu’on les massacre, il continue sa mission plus par devoir envers ses compagnons tombés que par idéaux. Lui-même membre de ce peuple décrié et haï que sont les Antéires, il oscille entre l’obligation quasi mystique de réparer une faute jadis commise par les siens et l’envie d’abandonner de la plus lâche des façons, en mourant. Car, pour cet homme pour qui le soleil n’est qu’un lointain souvenir d’enfant, seule la mort pourrait le libérer de sa mission, sa foutue mission pour laquelle il irait jusqu’au bout, quitte à sacrifier tout et tout le monde.

Enki est un mercenaire à la solde d’un puissant baron auquel il est lié par un obscur accord. Banni par les siens, un peuple multin aussi puissant que redouté pour ses excès, il a dû fuir les terres brûlées et arides du nord pour exécuter les ordres sournois de celui que lui-même doit appeler, à regret, son maître. Qu’importe sa force et l’éternité lorsqu’il mange dans la main de la personne la plus détestable que l’univers ait pu porter. Qu’importe la honte et la fureur qui en découlent, aussi, pour peu qu’il retrouve ce qu’on lui a pris. Que son âme brûle ou saigne, il n’en a que faire, et même si son combat doit le mener à sa perte, il ne s’arrêtera pas avant d’avoir assouvi sa vengeance.

 
La construction :

Nuit de cendres et Jusqu’au ciel sont les premiers tomes d’une série construite sur une trame en 9 tomes.
Chaque tome est composé de parties, elles-mêmes découpées en chapitres. Chaque partie présente une unité de lieu ou d’action. Chaque chapitre est placé sous la narration d’un personnage focal (trois en tout) et est écrit à la troisième personne du singulier. Les chapitres se succèdent chronologiquement en changeant de focale selon un ordre identique au fil des parties.
Ce découpage permet de suivre le récit à travers le prisme de personnages aux idées, aux caractères et aux buts différents, et d’ainsi mieux cerner les enjeux et les conséquences des événements qui se déroulent autour d’eux.
Le choix d’une chronologie stricte dans la succession des chapitres permet de plus de créer rythme et tension dans le récit tout en jouant avec les lieux et les points de vue pour offrir au lecteur une approche complémentaire de l’histoire.
Le récit des tomes 1 et 2 se déroulant sur trois jours, la construction des deux romans a donc été pensée pour que les scènes s’enchaînent sans ellipse afin de renforcer les sensations d’urgence et de précipitation des évènements.

 

 

 

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